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Si je pouvais te dire, tout ce que je ressens pour toi…

Si je pouvais te dire, comme c’est la tempête, comme le feu brûle et le vent souffle avec rage à l’intérieur. Comme le chaos est tel que je n’ose le laisser s’échapper, de peur qu’il détruise tout sur son passage, le mauvais comme le bon.

Si je pouvais te dire, à quel point je t’ai aimé, à quel point la passion m’a consumé, et ce durant des années et des années, sans faiblir, sans faillir. Et que si je m’y laissais prendre, il suffirait encore d’un regard qui invite, d’une main tendue, d’un mot tendre chuchoté pour que je replonge et me dilue en toi en oubliant tout.

Si je pouvais te dire, comme ma tête et mon coeur luttent sans fin, comment mon besoin de sécurité et de connu a engagé une lutte à mort avec mon envie d’expansion, d’air frais, de fluidité. Comment je ne peux me résoudre à voir la réalité en face, car si je le faisais, j’aurais trop peur des décisions que la logique voudrait que je prenne.

Si je pouvais te dire, avec quelle force j’ai lutté pour notre amour, avec quelle force j’ai cru en notre couple, avec quelle force je suis prête à tout pour notre famille. Mais que malgré tout, malgré notre envie et nos forces conjuguées, malgré ta détermination et ma volonté de faire fonctionner ce que l’on a construit, la machine se lance toujours joyeusement, fait quelques mètres, puis la mécanique s’enraye, fait des à-coups, et termine inévitablement fracassé contre un mur de larmes et d’incompréhensions.

Si je pouvais te dire, à quel point j’ai tenté de changer ma nature, d’être ce que tu voulais que je sois, de faire comme toi, penser comme toi, parler comme toi, vivre comme toi, rire comme toi, jouer comme toi, aimer comme toi, réfléchir comme toi, apprécier les choses comme toi… Et même en me muselant, en m’enfermant dans une cage à double-tour, et en plaçant cette cage au sous-sol, on entendait tout de même mes hurlements, et mes pattes griffer les barreaux, tentant de trouver un interstice où s’infiltrer ?

Si je pouvais te décrire, l’immensité de ma tristesse, ma rage de ne pas y arriver, ma violence intérieure qui incrimine ma faiblesse, qui me trouve difficile, qui me sermonne et me dit que je devrais être heureuse de ce que j’ai, que je n’ai aucune raison valable de me plaindre, que je devrais mieux me contrôler, mieux m’adapter, encore plus me plier, encore plus me taire, et causer moins de désordre.

Si je pouvais te dire, à quel point tu m’as rendue heureuse, à quel point ma vie s’est illuminée lorsque je t’ai rencontré, à quel point tu m’as porté et sorti de l’endroit sombre et triste où je me trouvais. À quel point ton sourire m’a réchauffé, ta vitalité m’a réanimé, tes mots m’ont soutenu, tes bras m’ont relevé, ta force m’a fait me tenir debout et ta confiance m’as fait grandir.

Mais si je pouvais te dire, à quel point tu peux me détruire. À quel point ta colère peut m’apeurer, à quel point ton regard dur peut me briser, à quel point tes mots peuvent me blesser, ta froideur me glacer, tes peurs m’étouffer, ton incompréhension m’éloigner.

Si je te disais encore une fois, que si on se parlait, si on cherchait ensemble des solutions, si on faisait plus attention l’un à l’autre, si on acceptait nos différences, si tu respectais ma sensibilité et moi ton besoin de liberté et d’indépendance, ça pourrait marcher.

Le problème, c’est que si je te disais tout cela, tu ne comprendrais pas. Car si tu comprenais, nous n’en serions pas là. Tu en capterais seulement une partie, selon ta propre interprétation et vision du monde. Tu t’attarderais sûrement sur certains points qui te blesseraient et tu te fermerais. Et je ne veux pas te faire de mal.

Alors je me tais.

Alors tu me trouves distante, peu bavarde, dans mes pensées. Et tu me demandes ce qu’il y a.

Et je te réponds que je suis fatiguée, ou que j’ai beaucoup de choses à penser.

Et ma réponse parait te convenir. Tu ne creuses pas plus. Peut-être par peur de faire sortir la vérité.

Si je pouvais te dire, comme c’est la tempête à l’intérieur…

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