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Ce n’est pas « assez ».

Le sujet du bien-être me tient à coeur depuis près de 10 ans.
J’ai débuté avec un blog axé sur l’alimentation, la santé, et la beauté naturelle. Je l’avais nommé « Je veux une vie saine » (à l’époque je n’imaginais pas à quel point ce cri du coeur était plus vaste que manger bio ou faire ses cosmétiques maison !).
Au fil du temps, ayant accumulé les connaissances dans ce domaine, j’ai voulu en faire mon métier et devenir naturopathe. Cela m’a permis de découvrir un travail passionnant et riche de sens.

Mais il y avait un hic. Quelque chose qui clochait.

Au lieu de prendre du plaisir à ce que je faisais je me sentais étouffée.
J’avais l’impression de ne jouer que des rôles depuis toujours.

J’avais joué à l’enfant SAGE, à la MEILLEURE élève, à l’employée MODÈLE, à la SUPER petite copine puis à l’épouse PARFAITE. J’endossais à chaque fois un nouveau costume scintillant et sans défaut. Mais j’avais l’impression de m’être perdue. Ou plutôt de n’avoir jamais été moi.
Et voilà que je me mettais un nouveau carcan en m’imposant dès le départ d’être LA meilleure naturopathe, l’experte ABSOLUE de la santé naturelle, qui devait tout savoir, avoir réponse à tout et être elle-même infaillible, si j’osais me permettre de conseiller des gens !

Je suis alors devenue végétarienne, puis je n’ai consommé que du bio, puis que du fait-maison, puis je suis passée au véganisme, au sans lactose, au sans gluten, au cru, aux cures de jus, et enfin au jeûne. Je me demandais toujours ce que je pouvais faire de mieux. Ce n’était jamais assez parfait.

Je stressais à l’idée de faire le moindre écart, j’évitais habilement les invitations ou bien amenais mon plat. Je me maudissais d’avoir des envies de fromage ou de pizza, d’être jalouse de mon mari qui ne se refusait rien, et de ne pas réussir à mieux me contrôler.
Je me détestais d’utiliser un déodorant avec aluminium ou certains produis pas très green au quotidien. J’étais malade à l’idée de devoir me résoudre à prendre un antidouleur, même avec une migraine carabinée, et même si toutes mes astuces naturelles avaient échouées.

Je suis allée jusqu’à ne me laver les cheveux qu’à l’eau et à refuser catégoriquement le shampoing que me proposait la coiffeuse d’un salon, celle-ci se résignant à s’échiner sur un sac de noeuds pendant des heures pour réussir ma coupe ! Mais il était impossible pour moi d’accepter un produit que je considérais comme toxique sur mes cheveux. Quelle bien piètre personne je serais si je ne vivais pas mes idéaux à 100%, H24, voilà ce que je me disais !

J’étais en fait prise au piège du phénomène du « jamais assez ».

Quand tu crois que :
tu peux toujours faire mieux,
que cela peut toujours être meilleur,
que tu n’arrives jamais à être satisfaite de toi-même.
Et que tu as toujours l’impression que si tu faisais encore un petit effort, un tout petit pas de plus, tu atteindrais enfin cet endroit appelé « Perfection ».

Si si tu sais, c’est cet endroit que l’on t’a sommé d’atteindre. Ah oui on t’a assuré qu’il existe, c’est sûr. Et que tout le monde y était d’ailleurs, sauf toi. Et ce serait quand tu y serais, et pas avant, que tu aurais le droit d’être fière de toi. Et de te reposer – juste un peu.

Pour te faire mieux comprendre le truc, je te propose une métaphore :
En fait tu es là, sur terre, tu avances sur ton chemin, un petit chemin banal, fait de terre et de cailloux, qui monte, qui descend, qui bifurque parfois. Mais tu le trouves triste, boueux et ennuyeux ce chemin. D’ailleurs tu ne t’y intéresses quasiment pas, car tout ce qui t’intéresse, c’est de scruter le ciel.
Tu avances la tête levée car tu es sûre qu’au-dessus de toi, il existe un autre chemin, pur, brillant, léger, doux, appelé « Perfection ». Et que c’est sur ce chemin que tu devrais être.

Tu essayes de toutes tes forces de l’apercevoir à travers les nuages. Tu tends les bras au maximum, tu sautes le plus haut que tu peux, tu tentes le coup avec une échelle, un lasso, un harpon, tout ce que tu peux trouver.
Et au bout d’un moment tu désespères car tous tes efforts sont vains, tu n’arrives pas à y monter, sur ce foutu chemin !
Alors au final tu te dis que tu vas faire semblant d’y être arrivée, faire comme si. Mais tu te sens comme un imposteur et tu vis dans la peur qu’à un moment ou un autre les autres découvrent ton sale petit secret.

Sauf qu’en réalité, si tu n’arrives pas à l’atteindre, ce super chemin, c’est parce qu’il n’en existe aucun autre.

Il n’y a qu’un seul chemin pour tout le monde, c’est ce chemin de terre.

Et si tu baissais les yeux et commençais à lui prêter attention, tu verrais que ce chemin n’est pas si inintéressant ou si laid après tout. On y trouve de l’herbe, des fleurs, des arbres, des montagnes, des rivières !
Et si tu continuais à regarder devant toi, tu verrais qu’il y a en fait plein d’autres personnes sur ce chemin. Il y en a quelques unes comme toi, qui avancent en regardant en l’air, et qui bousculent et piétinent les autres sans s’en rendre compte. Mais il y a aussi toutes les autres, qui regardent droit devant elles et avancent joyeusement !

Racontez-moi :
Vous aussi vous avez cru à cet autre chemin et avez essayé de l’atteindre ?

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