BLOG, SPÉCIAL HAUT POTENTIEL

Le zèbre qui voulait passer incognito.

Quand on commence à s’intéresser au haut potentiel, que l’on a lu plusieurs articles et livres, visionné des vidéos, fureté sur les forums (oui, pour se renseigner, un zèbre ne fait en général pas les choses à moitié !), et que cela fait vraiment écho en nous, que l’on se reconnait étrangement dans beaucoup de caractéristiques, il arrive toujours un moment délicat.

Celui de la reconnaissance.

Suis-je vraiment du troupeau ?

Sauf qu’à ce moment précis, je ne sais quel processus de défense se met en place pour nous empêcher à tout prix d’aller au bout de cette idée et de faire confirmer la chose.

On passe d’abord par un déni pur et simple.

Ok je m’y retrouve sur beaucoup de points. Mais pas tous. Donc je ne suis pas surdouée.
Ok mais tout le monde est comme ça, à des degrés plus ou moins différents, non ? Donc je ne suis pas surdouée.
Ok mais moi j’étais complètement nulle à l’école / je n’ai jamais été douée en maths / ma mémoire est pourrie / je n’arrive jamais à me concentrer. Donc je ne suis pas surdouée.
Ok mais quelqu’un l’aurait vu avant si j’étais surdouée.
Ok mais si j’étais surdouée je n’aurais pas tous ces problèmes…

Et la dernière :

Je n’ai pas la prétention d’être surdouée / de me croire « à haut potentiel » !
(on y reviendra)

La liste des raisons que l’on se trouve peut être bien longue…

On peut à ce moment-là carrément laisser tomber l’investigation et passer à autre chose. Mais même si on fait cela, l’info nous trotte toujours dans un coin de la tête, même de façon inconsciente. Et il arrive un moment où l’on retombe sur un article, on redécouvre un livre sur le sujet dans sa bibliothèque des années plus tard, et cette fois-ci, il n’y a plus de doute, ça ne peut être que ça !

S’en vient alors la deuxième question fatidique :

Est-ce que je me fais tester par un professionnel ou non ?

Et là bingo, vous l’aurez deviné, le même mécanisme de défense se réveille.

Là encore, on peut être très imaginatif quand à nos raisons de ne pas confirmer l’information de façon officielle :

J’ai trop peur du résultat !
Un chiffre / un QI ne veut rien dire, de toute façon.
Je me méfie du jargon médical.
Je ne veux pas être considérée comme une bête curieuse.
Je n’aime pas le mot « surdouée » / à haut potentiel / surefficiente, etc…
Et qu’est-ce que cela va changer de savoir, de toute manière ?

Et le plus courant, qui peut prendre différentes formes mais l’esprit est le même :

Je refuse de me catégoriser / de me mettre une étiquette.
À quoi bon mettre l’individu dans une case ?
On oublie l’individualité !
Nous sommes tous différents.
Je suis juste humaine, je suis moi.

Ok, faisons une pause.

Qui a dit que se définir comme zèbre nous enlevait notre humanité, notre identité personnelle, ou nous enfermait dans quoi que ce soit ?

Imaginons qu’un chat ne veuille pas se définir comme un chat. Pourtant c’est évident qu’il l’est, quoi que lui en dise. Mais il trouve cela trop restrictif. Pourtant, même en étant un chat, il reste aussi un siamois, un félin, un animal, un mammifère, un carnivore, le meilleur ami d’untel, un gros dormeur, quelqu’un à l’appétit délicat, un amateur de croquettes au poisson… Dire qu’il est un chat n’exclut pas tout ce qu’il est d’autre.

Imaginons qu’il n’aime pas ce mot. Mais la facilité de compréhension veut que l’on emploie le terme le plus couramment utilisé, afin que tout le monde sache de quoi on parle. C’est simplement pour un côté pratique qu’on appelle tous les chats des chats, imaginez dans quelle galère on serait si chaque chat inventait son propre terme pour se définir ! :-s

La vérité, c’est que l’on a peur de dire que nous sommes zèbres, vis-à-vis du regard que les autres ou que la société peut porter sur nous, ceux-ci étant généralement mal informés sur ce qu’est véritablement la douance.
Ce qui nous retient vraiment, c’est la peur d’être rejetée, d’être clairement définie comme différente, « anormale » dans le sens pas dans la norme, l’impression d’être un monstre, une bête de foire, ou au contraire de passer pour quelqu’un d’arrogant, de prétentieux qui se croit au-dessus des autres.

Mais être surdouée c’est n’être ni mieux, ni moins bien. Ni au-dessus ni en dessous. Ce n’est ni une fierté ni une honte. C’est simplement posséder certaines caractéristiques, certains fonctionnements, certains comportements différents. C’est une façon de penser particulière, une façon de ressentir particulière.

Mettre un mot sur sa différence permet simplement de la reconnaître, de l’accepter, de l’apprivoiser et enfin d’apprendre à s’en servir au mieux.
On ne peut pas regarder en face et prendre en charge quelque chose qui est « peut-être là mais je ne suis pas sûre et je ne veux pas vérifier ».

Si on n’assume pas ces parts importantes de soi, on ne prend pas le contrôle de son fonctionnement interne, et on court le risque que ces parts nous contrôlent, et qu’elles tombent parfois dans le côté obscur…

Racontez-moi :
Quelles sont les peurs qui vous ont freinées dans l’acceptation de votre douance ?

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J’ai plein d’idées mais je ne fais rien.

J’ai toujours eu beaucoup d’imagination et beaucoup d’idées, et il se trouve qu’elles sont plutôt bonnes la plupart du temps.

Mais après que l’étincelle créatrice aie jailli dans mon cerveau et que l’enthousiasme soit redescendu, il est fréquent que je sois rattrapée par des pensées qui ont le pouvoir de me stopper net, si j’ai le malheur de les laisser faire.

En en parlant avec une amie qui elle aussi souffre de ce problème, nous nous sommes partagé les raisons / excuses / justifications qui font qu’on renonce à matérialiser nos intuitions, qu’on tue dans l’oeuf nos plus sublimes inspirations.

Alors, de quoi a-t-on peur ?

Cela peut être la peur d’échouer, car on considère que ce serait comme une condamnation, une honte et une confirmation qu’on est nulle et qu’on ne vaut définitivement rien.

Ou au contraire la peur de réussir, et là c’est l’impression qu’au fond on n’a pas vraiment de talent, qu’on ne mérite pas de briller et que l’on serait une usurpatrice si l’on se mettait en avant et que l’on recevait des louanges.
Que ce serait une trahison ou être bien prétentieuse de vouloir surpasser ce qu’ont fait nos parents, ou si l’on dépassait notre milieu social.
Ou encore que nous sommes des vendues, des personnes avides, cupides et malhonnêtes si nous gagnons un jour beaucoup d’argent.

On peut avoir peur du quand dira-t-on, du jugement des autres si nos idées et nos projets sont quelque peu décalés, originaux, farfelus.
Ou tout simplement peur de l’inconnu, de tous les changements et sorties de zones de confort, la perte de maitrise que peuvent entrainer de nouveaux choix, de nouvelles directions.

Quand j’analyse toutes ces raisons formées par notre mental, je les visualise comme une sorte de grand barrage, qui tente d’endiguer notre flot créatif,
notre élan passionné,
notre vraie nature.

Mais ne pas se lancer,
ne pas oser,
renoncer à avancer,
c’est ne pas suivre le mouvement de la vie.

Maintenant, passons à la bonne nouvelle !

C’est vrai que si on l’observe de loin, ce barrage peut paraître haut et solide, mais en l’examinant de plus près, on se rend compte qu’il n’est composé que de branchages. Un amas de petites branches de peur. Et que l’on pourrait facilement le déconstruire, en les enlevant les unes après les autres, simplement, au fur et à mesure.

Alors, comment faire cela concrètement ?

J’ai tout d’abord remarqué qu’à partir du moment où on met de la lumière sur nos peurs et qu’on les conscientise, un bon bout de chemin est fait. Il faut ensuite les examiner sans indulgence, en les passant sous le prisme de la réalité.
Cette peur que j’ai est-elle réelle, est-elle fondée ?
M’appartient-elle ou l’ai-je héritée de quelqu’un d’autre ?

Quand on prend le temps de faire cela, on remarque qu’il y a en réalité très peu de peurs qui tiennent la route. Voire même aucune… 🙂

Racontez-moi :
Quelles sont les peurs qui vous bloquent le plus souvent ?